Faites connaissance avec Steve Potvin
Directeur principal du secteur urbanisme, design urbain et architecture de paysage chez Stantec
Steve Potvin est un fier diplômé de l’ESG UQAM. Après avoir obtenu un baccalauréat en urbanisme, formation internationale, en 2003, il a poursuivi avec une maîtrise en études urbaines. Pendant ce parcours, il a été chercheur à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, ce qui lui donne une expertise d’urbaniste spécialisé en patrimoine.
Nous avions quelques questions pour lui, alors bonne lecture!
Diplômé de l’ESG UQAM:
Baccalauréat en urbanisme, formation internationale, en 2003
Quel a été votre parcours depuis la diplomation?
J’ai débuté ma carrière en travaillant pour la Ville de Saguenay, où j’étais responsable de la préparation d’une nouvelle politique de protection du patrimoine. Ensuite, je suis devenu responsable de l’urbanisme de l’arrondissement de Chicoutimi, tout en faisant du bénévolat international pour la Fédération canadienne des municipalités. À trois reprises, j’ai été chef de mission en Indonésie, dans la région de Banda Aceh, après le tsunami, où j’ai fait une formation en gouvernance aux élus locaux et aux fonctionnaires.
Ensuite, je suis devenu consultant chez Plania et chez Daniel Arbour et Associés, où j’ai travaillé sur des projets de développement immobilier international, notamment en Haïti après le tremblement de terre de 2010. Ensuite, je suis allé travailler pour le groupe BC2, où j’ai géré la croissance de l’équipe d’urbanisme.
Depuis six ans, je travaille chez Stantec, une firme canadienne d’ingénierie et d’architecture, où j’ai fondé le studio d’urbanisme et d’architecture de paysage. On est passé d’une équipe de 5 à 50 employés! Le studio de Montréal de Stantec est le plus important hub de conception de la compagnie, qui compte 26 000 employés dans le monde.
Le bureau de Montréal est considéré comme le hub créatif de Stantec, en raison de sa crédibilité en tant que ville de design. La « montréalité » intéresse le monde entier, en particulier les voisins du sud, qui apprécient l’expertise de la métropole. On travaille sur des projets à l’international, ce qui témoigne de la réputation mondiale de Montréal en matière de design urbain.
En quoi consiste votre rôle chez Stantec?
Je suis gestionnaire d’une équipe d’architectes paysagistes, d’urbanistes et de designers urbains. On essaie d’inclure dans notre studio toutes les disciplines de l’aménagement, sous un seul toit. L’Urbanisme avec un grand U! On a fusionné l’architecture de paysage et l’urbanisme dans notre équipe et la fusion fonctionne très bien.
Je continue également d’œuvrer comme chargé de projets. On a remporté un important contrat il y a deux ans à Cleveland, la planification d’une ligne de tramway, pour relier le centre de Cleveland à la périphérie. Ce projet nous a permis de remporter un prestigieux prix d’urbanisme du Royal Town Planning Institute.
En février 2023, vous avez reçu le Prix Employeur de Montréal centre-ville, la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de la métropole, au nom de Stantec. Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Les dernières années ont été très intenses. Nos équipes ont travaillé très fort et nous sommes très contents de recevoir ce prix. C’est la cerise sur le gâteau. Nous avons reçu différents prix pour nos projets, mais cette fois-ci, c’est notre approche « humaine » qui est reconnue.
Stantec met les gens au premier plan, avec une approche culturaliste. Cette approche horizontale et inclusive est renforcée par une identité distincte au bureau de Montréal, sans poids hiérarchique du siège social.
On s’assure également que nos employés ont du temps pour faire autre chose que leur travail, de pratiquer des sports, de l’art, etc. On ne favorise pas le sur-temps. Ce sont des petites choses comme ça qui font, qu’avec le temps, on a moins de roulement de personnel, nos gens sont plus heureux, plus créatifs. Et, donc, ça nous sert aussi!
C’est une belle reconnaissance de recevoir ce prix et ainsi être reconnu comme employeur de choix. Et je ne vous cacherais pas que cela nous aide pour recruter, on se différencie grâce à ça notamment.
L’entreprise connait un très beau taux de retour des employés en présentiel. Quelles actions mettez-vous en place pour ça?
Nous avons demandé à notre équipe de revenir au bureau trois jours par semaine. Contrairement à d’autres entreprises, on se devait de revenir au bureau pour éviter de perdre des employés, comme la majorité des employés habitent Montréal et n’ont pas de voiture. C’était aussi un « statement », comme urbaniste il fallait donner l’exemple à suivre et revenir au centre-ville.
La politique de 3 jours par semaine au bureau est là pour rester. Ça permet d’aller au chalet, de voyager, etc. Nous encourageons le voyage comme ça favorise la créativité. Avant la pandémie, Stantec avait déjà pratiqué le télétravail comme les déplacements sont fréquents. Ce n’est pas nouveau pour nous.
Pendant la pandémie, l’entreprise a réaménagé ses bureaux pour les rendre plus modernes et créatifs, avec des espaces pour se rencontrer et jouer. La pandémie nous a permis de nous adapter à la réalité du marché de l’architecture.
Auriez-vous un conseil à donner à un·e étudiant·e en urbanisme qui veut faire bouger les choses, être plus dans l’innovation?
L’urbanisme pourrait être vu comme une discipline conservatrice mais, au contraire, c’est une discipline d’avenir. On en parle de plus en plus. C’est dans la bouche de tout le monde, les journalistes, les politiques, etc. Le développement durable passe par l’urbanisme.
On a une expertise unique en Amérique du Nord, comme on l’est en architecture. On est au carrefour de l’Europe et de l’Amérique. Les gens veulent entendre parler de nous donc n’hésitons pas à sortir du Québec! Il ne faut pas avoir peur d’exporter ce qu’on fait, c’est un créneau fort pour le Québec.
Comment le côté « Sortir du cadre » se fait ressentir dans votre travail? Et est-ce que votre côté « Sortir du cadre », profil entrepreneurial, avec expérience à l’international, vient de votre passage à l’ESG UQAM?
Oui, je pense que le côté artiste que j’ai toujours amené dans mes équipes et projets, vient de l’ESG UQAM. J’ai toujours favorisé l’intégration de l’art dans tous nos projets. On s’assure aussi de respecter les cultures locales. On n’a d’ailleurs pas peur de mettre de l’avant nos valeurs et la « montréalité » dans nos propositions.
Merci à Steve Potvin pour cette discussion très intéressante; un diplômé qui fait rayonner l’urbanisme à Montréal et à l’international.