Discussion avec Vanessa Joy et Sonia Kwemi
Cofondatrices de V&S Services Conseils
Vanessa Joy et Sonia Kwemi sont toutes les deux diplômées de l’ESG UQAM. Vanessa du baccalauréat en commercialisation de la mode (2013) et Sonia du baccalauréat en ressources humaines (2012). Elles ont par la suite poursuivi au deuxième cycle à HEC Montréal.
Après l’obtention de leurs maîtrises, elles ont évolué dans différentes entreprises, en RH pour Sonia et en marketing numérique pour Vanessa, avant de réaliser qu’elles souhaitaient se lancer en entrepreneuriat, ensemble!
Nous avions quelques questions pour elles, alors bonne lecture!
Diplômées de l’ESG UQAM :
Baccalauréat en commercialisation de la mode (2013) et baccalauréat en ressources humaines (2012)
Quel a été votre parcours depuis la diplomation?
Sonia : En avril 2012, j’ai gradué du baccalauréat en gestion des ressources humaines à l’ESG UQAM, que j’ai vraiment adoré, puis j’ai poursuivi directement à la maîtrise en développement organisationnel à HEC. J’ai travaillé dans différentes industries, que ce soit dans le paragouvernemental, industrie alimentaire avant de m’en aller en éducation et, finalement, de me lancer à temps plein comme consultante. Un parcours assez traditionnel, j’ai commencé comme technicienne en gestion des RH. J’étais une très mauvaise technicienne. Ça demandait beaucoup de minutie et d’aimer une forme de routine. J’ai douté de mon choix, car je ne m’y retrouvais pas du tout. Le rôle de conseillère faisait plus appel à ma créativité. Je bâtissais un département RH, j’ai donc eu beaucoup plus de plaisir là-dedans.
Si j’avais eu le choix il y a douze ans, je n’aurais pas commencé avec un poste de technicienne, mais à ce moment-là, il fallait que tu prennes ce que tu trouvais, c’était beaucoup plus complexe que maintenant. Je suis contente pour les finissants maintenant qui peuvent commencer avec un poste de conseiller directement, car le type de rôle occupé à la sortie de l’école peut faire toute une différence dans le parcours.
Vanessa : J’ai gradué en 2013 du baccalauréat en commercialisation de la mode à l’ESG UQAM. Ensuite, Sonia m’a demandé si j’allais faire une maîtrise. Elle m’a mis cette idée-là dans la tête. J’ai donc continué mes études avec une maîtrise en commerce électronique. C’étaient les débuts du marketing digital, le e-commerce prenait de l’ampleur. J’ai eu la chance de commencer à travailler chez SSENSE qui est un gros détaillant en ligne dans le domaine de la mode. Comme une job de rêve pour moi. Mais je me suis vite rendu compte que ma fibre entrepreneuriale prenait le dessus. Donc j’ai changé plusieurs fois d’emploi, j’ai travaillé dans une startup de vêtements intelligents, j’ai travaillé chez L’Oréal, qui a été une grande école pour moi en marketing numérique et commerce électronique. Finalement, je me suis dit que je devais me lancer en entrepreneuriat pour trouver mon vrai bonheur.
Quand vous êtes-vous rencontrées?
Sonia : On se connaissait avant l’ESG UQAM, on s’est rencontrées au secondaire.
Vanessa : On se connait donc depuis 2006!
Pourquoi avez-vous choisi d’étudier à l’ESG UQAM?
Vanessa : Je voulais étudier la commercialisation de la mode, ce n’était pas autant publicisé à l’époque. Maintenant, l’École supérieure de mode a un beau pavillon, alors qu’à l’époque, c’était au 6e étage du collège LaSalle. Quand on allait faire nos cours de comptabilité, on allait au pavillon de l’ESG UQAM. On se sentait à part, mais je voulais vraiment un baccalauréat dans le domaine de la mode.
Sonia : J’ai choisi l’ESG UQAM pour plusieurs raisons. La première, c’est que mes parents sont diplômés de l’UQAM. Mon père a fait 3 cycles en sciences politiques et ma mère a fait sa maîtrise à l’UQAM, donc le choix s’est vraiment fait très naturellement. Je trouvais que ça me ressemblait plus. Pour avoir eu l’opportunité d’étudier dans 4 universités, je me rends compte que l’UQAM est celle qui me correspond le plus.
J’ai vraiment adoré mes études, j’ai trouvé le personnel enseignant tellement accessible et très décomplexé. J’avais une idée du corps professoral vraiment traditionnel. Ils nous ont appris beaucoup de choses, sur les compétences, mais également la posture d’une personne en RH, l’impact que tu peux avoir pour d’autres personnes.
Vous avez choisi de vous lancer en entrepreneuriat. Qu’est-ce qui vous a décidé?
Sonia : Ça fait 3 ans qu’on s’est lancées. Mais on avait déjà commencé avant, avec des t-shirts qu’on vendait au Cégep et des étuis de téléphone qu’on fabriquait.
On vient de parents immigrants qui travaillent ou qui ont travaillé dans des emplois très stables, pour la fonction publique, des banques, etc. À l’inverse de notre parcours.
Avant de décider de nous lancer, nous avons eu plusieurs emplois, que l’on qualifiait à chaque fois d’emploi de rêve, pour se rendre compte très vite qu’on était délusionnées, pour une raison X ou Y. Le problème n’était pas l’employeur ou l’entreprise pour qui l’on travaillait, mais ce n’était pas pour nous.
On avait de bons emplois, de bons salaires, il n’y avait aucune raison logique. L’entrepreneuriat nous voulait, on n’avait pas le choix de répondre à l’appel! Et donc, pour ça, on a tout jeté! (rires)
Vanessa : Dès le début, on savait que Sonia allait être en ressources humaines et moi, en marketing. On retrouve des notes écrites en 2012 durant un voyage et l’on se parlait de ce que l’on voulait faire comme entreprise, avec quelle mission. On a toujours été des intrapreneures quand on travaillait en entreprise. C’est comme si le filet de sécurité de l’entreprise s’est enlevé et l’on a juste continué dans les volets dans lesquels on était. Ça s’est fait naturellement par rapport à nos expertises. On est très complémentaires!
C’est rare de voir des entreprises de consultation qui offrent autant des services en marketing qu’en RH. On s’est dit que c’était tout naturel de mêler nos compétences.
Qu’est-ce qui différencie votre entreprise d’une autre?
Sonia : Nos couleurs! Je pense que ce sont vraiment nos couleurs qui nous différencient. On est très colorées comme personnes. On avait l’impression de toujours déteindre en entreprise. Que ce soit dans la façon dont on s’habille, la façon dont on parle …
On a toujours le même commentaire de nos clients : ils nous choisissent à cause de notre couleur. Quand on s’est lancées, on s’est dit “si l’on y va, on y va comme on est vraiment”. Notre site internet est le reflet de cette distinction, par exemple.
Grâce à nos couleurs, de qui nous sommes comme individus, nous rendons nos interlocuteurs à l’aise de nous parler franchement.
Quand tu fais affaire avec un·e consultant·e RH pour des problèmes de gestion d’équipe ou des conflits, quand tu fais affaire avec un·e stratège marketing pour que tes produits soient inclusifs, tu peux avoir honte comme entreprise de ne pas l’avoir vu. On décomplexe ça, on est juste des humains! Ça fait partie de notre défi : que les gens se sentent bien.
Quelle est votre plus grande fierté?
Vanessa : Je pense que c’est de rester authentiques, de ne pas s’éteindre. Nos couleurs s’adaptent aux client·es, mais ne s’éteignent jamais.
Sonia : J’ajouterais que de voir que ça fonctionne vraiment! Je ne sais pas si la Sonia de 2006 aurait cru qu’elle allait travailler avec Loto Québec, la Ville de Laval, L’Oréal, … En étant juste moi, juste nous. C’est une grande fierté de voir qu’on répond à des besoins que les entreprises ont. Car c’était littéralement le move de notre vie, on a pris des risques à tous les niveaux.
Ce n’est pas facile, surtout dans le contexte économique dans lequel on est présentement. C’est un challenge, mais on est très fières!
Quel est votre plus grand défi comme entrepreneures?
Vanessa : Tout autant que c’est notre force aussi, la résilience est un grand défi, car on est toujours un peu dans nos zones d’inconfort. De garder le mental, de faire en sorte qu’on va de l’avant, de ne pas se décourager et de bien communiquer.
Où voyez-vous V&S Services conseils dans quelques années?
Sonia : On la voit comme on l’imagine chaque année et elle suit notre propre progression. Est-ce qu’on s’est déjà imaginé un gros cabinet avec une centaine d’employé·es? Non, car ce n’est pas ce que l’on veut. Peut-être que ça va changer, mais on souhaite qu’elle évolue à échelle humaine, avec des décisions d’affaires qui nous rendent bien.
Auriez-vous un conseil pour les jeunes étudiant·es? Un conseil aux étudiantes que vous étiez il y a quelques années?
Vanessa : De prendre son temps. De prendre les leçons et apprentissages de mentor·es. C’est vraiment toi avec toi-même, il n’y a pas de compétition. Entoure-toi des bonnes personnes.
Sonia : Planifie adéquatement, réfléchis à ton plan. Mais il n’y en aura pas de timing parfait. Le bon timing, c’est quand tu te sens le moindrement prête. Tu dois être capable de manger et te loger, mais une fois cela fait judicieusement : vas-y! Tu vas te rendre compte que le pire n’est pas si pire que ça.
Ta force sera ton réseau. Je suis la première à détester les événements de réseautage, mais c’est payant. Ça ne coûte rien non plus d’écrire à quelqu’un que tu admires pour des conseils ou du temps. Le pire qui se passera, c’est qu’il te dira “non”.
Vanessa : Et ne surtout pas oublier de rester authentique! Je vais me répéter, mais le mentorat aide beaucoup*. Trouve quelqu’un qui est bon pour toi, selon ce que tu recherches. D’être curieux·se va te donner beaucoup de clés pour avancer.
Sonia : J’aimerais ajouter qu’on voit souvent des gens dire que tu n’as pas besoin d’études pour te lancer et réussir, que tel entrepreneur n’a qu’un Secondaire 2, etc. C’est vrai qu’on n’applique pas tous les jours ce qu’on a appris au baccalauréat, mais il te donne une base de réflexion pour apprendre à réfléchir différemment! La réalité dans la vie de tous les jours, c’est qu’il y a une corrélation entre tes études et tes perspectives d’emploi. Il ne faut pas vendre du faux rêve.
Merci beaucoup à Vanessa et Sonia pour leur temps et cette discussion très inspirante!
*Saviez-vous que l’ESG+ a un programme de mentorat depuis presque 10 ans? Pour plus d’information, visitez cette page dédiée.